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[Récit] Le Thon de l'Italien

Le récit d'une prise incroyable, par Jean-Sébastien Ray

 

Vendredi 30 mai 2008, cela fait déjà plusieurs jours qu'il fait un temps magnifique et stable.

Je décide donc de partir chasser sur les épaves du large de l'Espiguette qui reposent sur des fonds de 35m et ne sont péchables que quelques rares jours de l'année pour cause de visibilité presque nulle tout le reste du temps en ayant l'espoir de prendre au moins un des quelques très gros loups qui rodent dans leur cales.


Nous partons donc du port de Carnon vers 11h du matin avec mon ami Jean-Noel qui m'accompagne régulièrement en mer.

La mer est calme, l'eau devant Carnon est plutôt sale mais il reste plus de 15 miles à parcourir en direction du large pour rejoindre les spots de pêche. Arrivé à mi chemin, je me rends vite compte que l'eau est cristalline du moins en surface, cela s'annonce bien.


Je décide de commencer par l'épave du suédois qui repose sur 34m et remonte à 30m mais il y a déjà 4 bateaux de pécheur à la canne ancré dessus, impossible de se mettre à l’eau. Direction donc l'épave de l'Italien qui se trouve 2 miles plus vers l'est et repose sur des fonds de 33m et qui remonte en moyenne à 27m.


L'eau est vraiment cristalline, c'est rarissime pour la zone, j'espère que cela ne sera pas juste sur les premiers 20metres et que je pourrai au moins admirer l'épave pour la première fois de l'année.


Je me mets donc à l'eau en me positionnant au GPS sur le point le plus haut, des milliers de bogues et de maquereaux remontent jusqu'en surface, j'entame mon canard et glisse dans le bleu.

Après quelques coups de palmes j'aperçois l’épave, des loups tournent au dessus et commencent à monter vers moi. Tout d'un coup un thon surgit en dessous de moi, il passe à une vitesse folle. Je continue ma descente sur les loups quand un banc de bonites me passe dessous. Je m'arrête en pleine eau sur 17m environ, je sens une présence sur ma droite, le thon est là, presque arrêté à environ 4-5 mètres de moi, sans réfléchir je tourne mon arbalète Dessault Quattro carbone de 1m et tente un tir, sur un poisson dont je ne peux pas du tout estimer la taille ni le poids dans cette eau si claire.

Le coup part, j’entends l'impact de la flèche sur le poisson, un bruit très sourd !

Le thon se met sur le coté et commence à vibrer et a saigner abondamment, je commence à réaliser quand il démarre, le moulinet se bloque le fil rentrant dans la bobine en force, et il m'entraine vers la surface en moins de 3 secondes. Arrivé en surface  le thon me tracte sur 10m environ, Jean Noel me racontera après qu'il a vu une gerbe de 3m de haut derrière moi et une queue géante en surface. Le thon s'arrête net, juste le temps d'hurler à mon barquero de m'amener un fusil pour le doubler, je lui passe mon fusil et je me prépare à le doubler le plus rapidement possible. Je me rappelle lui avoir dit, j'ai tiré un thon de 100kg... raté... lorsque je le double en pleine tête et que je me saisis de la flèche je me rends compte que c'est un monstre, il est beaucoup plus grand que moi, il affichera 2m32 pour 160kg.


C'est sûr que j'ai eu une réussite incroyable, la flèche étant passée entre 2 disques de la colonne, si je ne l'avais pas tiré exactement à cet endroit j'aurai probablement instantanément perdu le fusil.


Le plus dur au final aura été de le monter sur le bateau avec une corde dans la bouche et surtout ensuite de le découper à l'aide de mon ami Daniel et de ses couteaux à thon.


Evidemment mon plus beau poisson et mon plus grand souvenir de chasse-sous-marine

JS

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