Jean- Baptiste et le phlegmon

 

Jean-Baptiste CLAUSS

 36 ans, Dentiste, Chasseur sous-marin depuis 10 ans (de manière sérieuse) sur la cote Palavasienne 

(mais aussi en Espagne avec son coéquipier Guillaume Eugène)

Double champion régional en double FNPSA LRMP (2014 et 2016)

Triple vice-champion régional en double FNPSA LRMP (2012, 2013 et 2015)

11ième au trophée national 2014 en double avec le plus gros poisson (un loup de 5kg, son poisson "fétiche")

 

 

Stérile l’eau de mer ?

Va te tremper ton bobo dans la mer, ça va désinfecter et guérir plus vite !!!!!

Tu devrais aller prendre un bain de mer ça fait du bien !

Bourre-toi le pif avec du STERIMAR, tu verras ça ira mieux !

Qui n’a pas entendu ces phrases prononcées par ses parents ? En tout cas, c’est mon cas et je ne peux pas dire que ça m’ait beaucoup aidé.

Mon histoire se passe le 27 juin 2009, 1 an que je n’ai pas pu prendre de vacances alors partir pêcher avec mon ami et coéquipier Guillaume pour mon premier jour de vacances est une joie immense. De plus, il fait un temps idyllique. On se rejoint donc à la mise à l’eau de Palavas et c’est parti. Arrivés sur zone, l’eau est bleue, claire et il y a du poisson de partout. Je me souviens même avoir vu 4 loups entre 1.5kg et 3 kg dès la première apnée, la journée va super bien se passer, c’est sûr. Plus tard, sur un sec à 14m Guillaume m’appelle et me dit qu’il y a des sars énormes, des pastèques,  des papés quoi ! Je décide d’en tirer un avant de changer de zone. Je descends, et tire un monstre qui doit bien afficher ses 400g sur la balance (le plus petit du banc probablement)…. Mais il est mal tiré et il faut achever la bête. Qu’à cela ne tienne, la nouvelle dague offerte par mes enfants pour la fête des pères fera l’affaire. La voici donc qui passe sous l’ouïe, dans le bulbe mais aussi dans une partie de ma phalange de mon majeur gauche. J’enlève le gant et voit juste une petite coupure qui saigne à peine ce qui n’est pas grave puisque je suis dans l’eau de mer, ça ne risque rien, ça va se soigner tout seul.

La journée se passe ainsi, des loups de partout, c’est fantastique, la glacière commence à se remplir (surtout grâce à Guillaume, il faut bien le dire) mais je me régale malgré la douleur qui s’accentue. Au bout de 2 heures, je ne peux plus armer le fusil car je n’arrive plus à bouger les doigts, au bout de 3 heures c’est le bras qui ne répond plus très bien. Là, je comprends qu’il y a un truc qui n’est pas normal et on décide donc de rentrer.

Après avoir remonté le bateau sur la remorque tant bien que mal et conduit d’une seule main jusqu’à chez moi, je me décide tout de même de me rendre aux urgences. Arrivé là-bas, je suis persuadé qu’il ne s’agit que d’un hématome mal placé et qu’une petite injection de cortisone m’aidera. Mais à la vue de mon doigt et de mon bras l’urgentiste appelle de suite le chirurgien orthopédiste et la sanction tombe : phlegmon du troisième doigt gauche !!!!

Là, je tombe des nus : un phlegmon (soit une infection qui dérive très vite en septicémie pour faire simple) « c’est impossible dans une eau de mer stérile » dis-je au chirurgien que je connais bien puisque nous opérons tout deux nos patients dans cette clinique. C’est là que la vérité sur l’eau de mer tombe de la bouche du chirurgien qui me dit avec douceur : « Mais espèce d’abruti, y a pas plus pourri que l’eau de mer, t’es con ou quoi ? Si t’étais venu demain t’avais plus de doigt espèce d’âne ! ». Je perdis un peu de ma naïveté (et aussi de mon égo) ce jour-là.

Bref, 1 heure après j’étais au bloc la main ouverte en train de me faire drainer le pue et l’eau de mer passé par la gaine du tendon jusque dans l’avant-bras, un délice…. Je me rendis compte d’ailleurs quelques heures plus tard que la douleur due au phlegmon était du pipi de chat comparée aux douleurs post-opératoires.

L’analyse du contenu de mon doigt confirma la théorie de Renaud (à l’époque où il avait encore un foie et du talent) : » La mer c’est dégueulasse, les poissons baisent dedans. » Dans l’analyse, point de coïte de poisson et une véritable partouze de staphylocoques et autres streptocoques.

Résultat de tout cela : pas de pêche des vacances, 3 semaines d’augmentin vous déclenchant de démangeaisons au casque digne d’une varicelle, des douleur et l’impossibilité de plier le majeur gauche pour bien me rappeler ou je pouvez me le mettre avec mes vacances.

Voilà, j’espère que cette histoire vous servira car si vous vous blessez, sortez, évaluez, désinfectez ( bétadine, biseptine ou autre) et rentrez chez vous, le jeu n’en vaut pas la chandelle.

 

 

Jean-Baptiste et ses gros loups

 

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